S’il est une chose que l’on peut partager à l’infini sans cesser de s’enrichir les uns les autres, c’est bien la parole. Par les contes, la parole a su traverser les murailles
invisibles du temps. Les histoires se perpétuent parce qu’elles étonnent, déroutent,
provoquent, renforcent les convictions, touchent à de multiples interrogations
humaines. Elles sont l’âme d’un peuple, au-delà de son Histoire.
Si aujourd’hui le sens de la communauté, de la citoyenneté se perd, c’est parce
que ce temps de partage s’est dissous dans l’individualisme du loisir (en particulier la
télévision).
A travers le conte, la parole apportée a pour objectif de réunir la cité et de
rassembler les générations.
Les contes sont l’un des plus importants piliers culturels que l’on retrouve chez tous
les peuples. Avant même l’Histoire d’un pays, l’identité se construit sur les mythes et
légendes d’un peuple, entremêlant le vrai au rêvé, le sensible au risible. Les histoires
que se transmettent les générations sont le fondement de leur humanité.
Les contes sont une invitation au rêve éveillé, un surgissement onirique de notre origine,
notre marque identitaire, la transmission d’un enseignement du sens. Issus de
l’inconscient collectif qu’ils révèlent, ils pénètrent l’imaginaire pour atteindre notre
sensibilité la plus intime.
Le théâtre, art de l’éphémère, art vivant de l’ici et maintenant, permet de reconquérir
la relation humaine à sa source...